Isaïe, prophète de la venue du Messie

De Salve Regina.

Les temps liturgiques
Auteur : Abbé Jacques Olivier, FSSP

Difficulté de lecture : ♦ Facile

En célébrant le temps de l’Avent, l’Eglise évoque d’une manière privilégiée trois grandes figures bibliques : Isaïe, Jean-Baptiste et Marie, la très sainte Mère de Dieu. Par rapport à la venue du Seigneur, chacun des trois a eu à remplir une mission particulière et vraiment typique. Or, suivant les perspectives où se place la liturgie, ni la mission d’Isaïe, ni celle de Jean-Baptiste, ni même celle de la Ste Vierge ne sont parachevées.

L’Eglise a assumé cette triple mission et elle la continuera, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’Avent, la plénitude des temps étant accomplie. Il faut que l’Église annonce le Seigneur et fasse désirer son avènement (rôle de prophète) ; il faut qu’elle prépare cet avènement du Seigneur, « en marchant devant lui » (rôle de précurseur) ; il faut qu’à l’exemple de la Sainte Vierge (rôle de vierge, d’épouse et de mère), elle accueille le Seigneur par l’accomplissement de la volonté de Dieu et qu’elle le fasse naître dans les cœurs par la charité, la prière et les sacrements.


Isaïe est le grand prophète du Messianisme, « l’évangéliste de l’Ancien Testament ». Il décrit précisément le Messie à venir, celui qui est « l’attente des nations ».

Le prophète déclare solennellement au roi Achaz, menacé par ses ennemis, et manquant de confiance dans la protection divine, que Dieu donnera un signe clair à son peuple pour le sauver sans même son aide. Le signe clair annoncé est le suivant :

« Voici que la Vierge est enceinte, elle enfantera un fils, et elle lui donnera le nom d’Emmanuel. »[1]

Après les ténèbres de l’oppression, viendra la lumière et la joie de la délivrance pour « la contrée voisine de la mer (de Tibériade), le pays au-delà du Jourdain et le district des Nations (la Galilée) »[2], puis « pour tout le peuple qui marchait dans les ténèbres »[3].

« Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné, il a reçu le pouvoir sur ses épaules et on lui a donné ce nom : Conseiller-merveilleux, Dieu-fort, Père-éternel, Prince-de-paix, pour que s’étende le pouvoir dans une paix sans fin sur le trône de David et sur son royaume, pour l’établir et pour l’affermir dans le droit et la justice. »[4]

Le contexte de la citation précédente indique assez clairement que « l’enfant » qui va sauver son peuple et lui amener la paix, la lumière et la joie est le même que celui dont la naissance miraculeuse d’une vierge a été annoncée plus haut : Emmanuel (Dieu est avec nous). Cet enfant, signe de la délivrance prochaine reçoit des titres extraordinaires, mettant en relief sa dignité et son action bienfaisante comme Sauveur et Roi de Juda, son pays.

Isaïe continue la description du « Fils de David », en le montrant comblé des biens divins, et par là même apte à remplir sa mission divine :

« Un rejeton sortira de la souche de Jessé, un surgeon poussera de ses racines. Sur lui reposera l’Esprit de Yahvé, esprit de sagesse et d’intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte de Yahvé : son inspiration est dans la crainte de Yahvé.

Il jugera mais non sur l’apparence. Il se prononcera mais non sur le ouï-dire.

Il jugera les faibles avec justice, il rendra une sentence équitable pour les humbles du pays. Il frappera le pays de la férule de sa bouche, et du souffle de ses lèvres fera mourir le méchant.

La justice sera la ceinture de ses reins, et la fidélité la ceinture de ses hanches. »[5]

Mais le Messie a une mission universelle, qui ne se limite pas au seul peuple d’Israël. Il sera aussi l’étendard des nations, autour duquel tous les peuples viendront se ranger :

« Ce jour-là, la racine de Jessé, qui se dresse comme un signal pour les peuples, sera recherchée par les nations, et sa demeure sera glorieuse. Ce jour-là, le Seigneur étendra la main une seconde fois, pour racheter le reste de son peuple. »[6]

Notons pour compléter les prophéties sur la Nativité, celle du prophète Michée, contemporain d’Isaïe, qui annonce le lieu de la naissance du Sauveur :

« Et toi Bethléem, le moindre des clans de Juda, c’est de toi que me naîtra celui qui doit régner sur Israël ; ses origines remontent au temps jadis, aux jours antiques.

C’est pourquoi il les abandonnera jusqu’au temps où aura enfanté celle qui doit enfanter. Alors le reste de ses frères reviendra aux enfants d’Israël. »[7]


Nous voyons ainsi annoncé, huit siècles avant l’avènement du Christ sur notre terre, une bonne partie du mystère de son Incarnation, et de sa mission salvatrice. Cette vénérable annonce ne doit-elle pas nous faire grandir dans la confiance en Dieu, qui sans cesse pense à nous et gouverne avec sagesse le monde ?

Notes et références

  1. Is. VII, 14.
  2. Is. VIII, 23.
  3. Is. IX, 2.
  4. Is. IX, 5-6.
  5. Is. XI, 1-5.
  6. Is. XI, 10-11.
  7. Mich. V, 1-2.


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