Le dimanche de Pâques

De Salve Regina.

Les temps liturgiques
Auteur : Pius Parsch

Difficulté de lecture : ♦ Facile

Sommaire


" C'est le jour qu'a créé le Seigneur, réjouissons-nous et tressaillons en lui. "

La montagne est gravie, la victoire est remportée. Ce que nous avons attendu avec d'ardents désirs pendant les quarante jours de Carême, ce qui depuis l'Avent nous apparaissait comme notre but, est enfin réalise : la Lumière a triomphé des ténèbres. Maintenant, le divin soleil brille au-dessus de nous avec toute sa chaleur et tout son éclat. Pendant l'Avent, c'était la nuit et nous soupirions vers la lumière. A Noël, la Lumière est soudain " venue dans ce monde " et a fondé son royaume de lumière. La gloire de la Lumière s'est " levée au-dessus de la ville sainte " (L'Église). Tel était le message du cycle de Noël. Cependant, à travers les chants qui célébraient joyeusement la Lumière, se faisait entendre un accent de tristesse : " Et la Lumière a brillé dans les ténèbres et les ténèbres ne l'ont pas reconnue", c'était le thème de la Passion. Cet accent est devenu sans cesse plus fort; nous l'avons déjà entendu dans la semaine de Noël et, depuis, il n'a pas cessé. A la Septuagésime, c'est le chant dominant qui surpasse tous les autres; le premier dimanche du Carême, nous voyons le divin David partir au combat contre le géant Goliath. Tout le temps de Carême pourrait s'intituler un combat : combat de la Lumière contre les ténèbres, combat historique du Christ contre le judaïsme (thème de la Passion), combat du Christ dans l'âme de ceux qui doivent venir à la lumière (thème du baptême et de la Pénitence). Il fallait, sans doute, que la Lumière disparût un moment : le Christ meurt sur la Croix. Mais soudain, comme à Noël, la Lumière brille dans les ténèbres. Après les tristesses de la Semaine-Sainte, le soleil de la Résurrection se lève victorieux pour briller éternellement. C'est Pâques, c'est la fête des fêtes, le point culminant de l'année liturgique. Il n'y a plus qu'une pensée : la joie, l'allégresse. Autrefois, la fête était célébrée par les fidèles pendant trois jours. Les néophytes, revêtus de leurs vêtements blancs, la célébraient pendant toute une semaine (c'est pourquoi il y a chaque jour une messe propre).


La semaine de Pâques

Quand on se pénètre avec amour de l'esprit de la liturgie, on se rend mieux compte, chaque année, que les messes de la semaine de Pâques sont parmi les plus belles et les plus dramatiques du missel. Elles sont dominées par deux thèmes : les événements de la Résurrection et l'église de station. je serais tenté d'appeler ces messes pascales un mystère liturgique pascal, dans lequel nous avons notre rôle à jouer. Plus nous entrerons dans ce drame sacré et mieux nous comprendrons la liturgie. Tantôt l'Église s'en tient à la succession historique des événements, tantôt elle suit sa propre voie, mais, toujours, les images et les scènes sont choisies en vertu d'un motif intérieur. Le drame commence aux premières heures du jour de Pâques (messe du Samedi-Saint). Nous représentons Marie-Madeleine et les saintes femmes et nous nous rendons, au lever du jour (quae lucescit), au tombeau. Nous entendons le tremblement de terre, nous voyons l'ange rouler la pierre du tombeau, nous voyons les gardes s'enfuir. L'ange nous apporte le message pascal et nous renvoie chez nous annoncer le joyeux message aux disciples du Christ (aux autres fidèles). Le mystère se continue au matin de Pâques, " quand le soleil est déjà levé " (orto jam sole). Nous représentons encore les saintes femmes; de nouveau, l'ange nous apporte le message pascal et nous donne cette assurance : " Vous le verrez, comme il vous l'a dit. " Nous nous en retournons avec cette promesse. Nous assistons ensuite à six apparitions du Ressuscité. Le lundi, nous tenons la place des disciples d'Emmaüs qui reconnurent le Seigneur à la fraction du pain; le mardi, nous sommes les Apôtres et les disciples qui, le soir du premier jour de Pâques, " touchent " le Seigneur et mangent avec lui (jusqu'ici les scènes étaient disposées dans l'ordre chronologique). Le mercredi, nous sommes les sept Apôtres auxquels le Seigneur apparut sur les bords du lac de Génésareth et qu'il invita à un repas (poisson et pain). L'Évangile dit expressément : " Pour la troisième fois, Jésus se montra à ses disciples. " Remarquons que ces trois apparitions (lundi, mardi et mercredi) étaient toujours accompagnées d'un repas (symboles eucharistiques). Le jeudi, nous sommes Marie Madeleine qui, dans l'amour et le désir, cherche le Seigneur et le trouve. Nous aussi, à la messe, nous pouvons dire : " J'ai vu le Seigneur. " Le vendredi, avec les nombreux disciples, nous voyons le Seigneur sur la montagne (c'est-à-dire l'autel). C'est l'apparition d'adieu pour les néophytes vêtus de blanc. La dernière parole de Jésus est une consolation : " je suis avec vous tous les jours... " Le Samedi achève le mystère pascal pour les néophytes; il n'y a plus d'apparition, c'est le mystère de la robe baptismale. La liturgie nous montre la course des deux Apôtres, Pierre et jean, au tombeau. Cet événement appartient sans doute au début de la semaine pascale, mais on le place à la fin à cause du symbole de la robe baptismale (les linges au tombeau) et à cause de l'église de station (Saint-Jean). Le dimanche, nous assistons à une sixième apparition: " Après huit jours, les Apôtres étaient encore dans la salle et Thomas était avec eux... " Chacun de nous est, en ce moment, Thomas à qui il est permis de lever la main et de toucher le Seigneur. Ainsi s'achève le mystère de la semaine pascale.

Nous venons de voir le thème des apparitions; l'église de station a exercé, elle aussi, son influence sur les textes. Nous devons, de quelque façon, nous mettre à la place du titulaire de cette église. Nous vivons, dans les saints, la Résurrection du Seigneur. Dans la nuit de Pâques, nous sommes dans l'Église du " Très Saint Rédempteur "; là, "nous ressuscitons avec le Christ ", et les catéchumènes ont, dans saint Jean-Baptiste, leur patron. Au matin de Pâques, nous sommes à Sainte-Marie-Majeure. Le texte n'a aucune relation avec la Sainte Vierge (tout au plus le fait que l'Évangile parle de son homonyme Marie-Madeleine). Néanmoins, la liturgie veut que nous célébrions Pâques en nous associant aux sentiments et à la joie de Marie. C'est à cette église qu'il faut rattacher l'origine du Regina caeli. (D'après une légende relativement récente, les anges auraient chanté le Regina caeli au moment de la consécration de Sainte-Marie-Majeure). Le lundi, nous célébrons Pâques avec saint Pierre. Le texte parle quelquefois de lui ou fait allusion à lui. Dans la leçon, " Pierre se tient au milieu du peuple "et nous parle; l'Évangile nous raconte que le Seigneur "est apparu à Simon ". A la Communion, l'Église chante que le Seigneur " est apparu à Pierre " (nous participons à son privilège). Le mardi, nous nous rendons auprès de saint Paul. Quelle impression n'a pas fait sur lui la Résurrection. Le texte contient quelques allusions à lui "Paul se leva et parla " (leçon). C'est donc de sa bouche que nous entendons la leçon. L'Évangile ne peut, naturellement, raconter aucune apparition à Paul; c'est pourquoi on a choisi l'apparition aux Apôtres, dont Paul fera bientôt partie. D'ailleurs, les dernières paroles le concernent plus que personne : "annoncer la rémission des péchés à tous les païens ". Le mercredi, les néophytes se rendent auprès de leur parrain, saint Laurent. Sa fête de Pâques, à lui, fut la mort sur le gril; d'où l'évangile du poisson rôti sur le feu. Le jeudi, nous allons -visiter les douze Apôtres, les pères de notre foi. Le vendredi doit être un tendre souvenir du Vendredi-Saint; c'est pourquoi l'église de station est celle de la Reine des martyrs. Le samedi, nous revenons au lieu de notre baptême pour déposer notre blanche robe baptismale. Les églises de station de la semaine de Pâques sont les sanctuaires les plus vénérés de Rome et de la chrétienté. -Je n'hésite pas à dire que la liturgie des messes pascales est la plus parfaite, la plus suggestive., la plus riche et la plus profonde de toute l'année.

Dimanche de Pâques : station à sainte Marie Majeure

L'Agneau et le Lion.

Les matines de Pâques

" Le Seigneur est vraiment ressuscité, Alleluia. " C'est ainsi que l'Invitatoire proclame le joyeux message à toute la chrétienté rachetée. Les matines de Pâques sont courtes, ce sont les plus courtes de l'année. Au reste, la liturgie de Pâques, dans sa beauté classique, est d'une concision presque sévère. Dans les très grandes émotions, l'homme ne trouve pas d'expression, c'est pourquoi la liturgie renonce à tout moyen artistique. Dans la prière des Heures, elle écarte les hymnes et ne choisit pas de psaumes spéciaux. Nous sommes presque déçus de cette simplicité. Les matines n'ont qu'un nocturne, car la plus grande partie de la nuit a été occupée par l'office de la nuit de Pâques. La liturgie nous fait réciter les trois premiers psaumes. On est un peu étonné, car il nous semble qu'il y a des psaumes adaptés à la fête de Pâques. Les raisons de ce choix sont vraisemblablement les suivantes : I. L'Église veut nous dire A Pâques, nous recommençons au commencement nous sommes, pour ainsi dire, des hommes nouveaux qui commençons une nouvelle oeuvre. 2. La seconde raison est celle qui nous fait laisser de côté les hymnes; en ces jours de la plus grande joie festivale, l'Église renonce à toute expression extérieure de son émotion; elle prend les trois premiers psaumes à la suite. 3. Enfin, les trois premiers psaumes représentent tout le psautier; l'Église veut nous dire : tous les psaumes louent le Ressuscité.

Saint Grégoire nous fait entendre à matines un sermon qu'il prononça, le dimanche de Pâques, " dans la basilique de la Sainte Vierge Marie " : " Vous avez entendu, très chers frères, que les saintes femmes qui avaient suivi le Seigneur vinrent au tombeau avec des aromates, afin d'entourer de soins pieux, même après sa mort, celui qu'elles avaient aimé pendant sa vie. Cette action nous indique qu'il doit se faire quelque chose dans la sainte Église. Nous devons, en effet, entendre l'histoire sainte en nous demandant ce que nous devons en imiter. Nous aussi qui croyons au Mort, nous pouvons, en vérité, venir à son tombeau avec des aromates, si, remplis du parfum des vertus, nous cherchons le Seigneur avec la foi des bonnes œuvres. Or, les femmes qui vinrent avec des aromates virent des anges. En effet, les cœurs qui, dans le parfum des vertus, se hâtent par de saints désirs vers le Seigneur, arrivent à voir les habitants du ciel. Nous devons maintenant examiner ce que signifie le fait que l'ange est aperçu assis à droite. Que signifie la gauche sinon la vie présente, et que signifie la droite sinon la vie éternelle? C'est pourquoi il est dit dans le Cantique des cantiques : " Sa gauche soutient ma tête et sa droite m'embrasse. " (Cant. Il, 6). Or, comme notre Rédempteur avait déjà triomphé de la corruptibilité de la vie présente, il convenait que l'ange qui était venu pour annoncer sa vie éternelle fût assis à droite. Il apparut en vêtement blanc, car il annonçait la joie de notre fête. La blancheur éclatante du vêtement désigne, en effet, l'éclat brillant de notre solennité. Devons-nous dire: la nôtre ou la sienne ? Pour être tout à fait exacts, nous devons dire : la sienne et la nôtre, à la fois. La Résurrection de notre Rédempteur est notre fête, parce qu'il nous a rappelés à l'immortalité, mais c'est aussi la fête des anges parce que, par le rappel des hommes au ciel, le nombre des anges a été complété. Ainsi donc l'ange est paru en vêtement blanc au jour de sa fête et de notre fête parce que, par la Résurrection de Notre Seigneur, nous avons été rappelés au ciel et parce que, par cette Résurrection, les pertes de la patrie céleste ont été réparées. "

Les Laudes de Pâques

L'Église a, dans son livre de prières : le bréviaire, deux prières du matin, chaque jour : les laudes et prime. Les laudes sont la joyeuse prière du matin de la Création; à prime, l'homme pécheur se prépare sérieusement au jour qui commence. Les laudes sont, à proprement parler, le cantique de l'Église en l'honneur de la Résurrection; dans cette prière, l'Église célèbre chaque jour Pâques et la Résurrection. C'est peut-être la plus belle Heure de toute la journée; son symbolisme est saisissant. Le jour commence à poindre, l'aurore rougit l'horizon, la, nuit est vaincue. C'est l'heure où la nature célèbre sa résurrection, les fleurs s'ouvrent, les oiseaux font entendre leur chant matinal; c'est l'heure aussi où le Seigneur triompha de la mort et ressuscita. L'homme se lève de sa couche; le Seigneur ressuscité et la nature qui se réveille lui prêchent la résurrection spirituelle. " Si vous êtes ressuscités avec le Christ, cherchez ce qui est en haut. " Tel est donc le symbolisme des laudes : résurrection du Christ, réveil de la nature, résurrection spirituelle de l'homme. Nous comprendrons mieux désormais les laudes; nous comprendrons pourquoi on y trouve tant de textes qui chantent la nature et pourquoi, à laudes, on chante si volontiers l'Alleluia. C'est la fête quotidienne de la Résurrection. Chaque dimanche étant un écho de la fête de Pâques, la pensée de la Résurrection est encore plus accusée aux laudes du dimanche; de là, les nombreux Alleluia. Que dirons-nous, alors, des laudes de Pâques ? La pensée de la Résurrection est à son plus haut degré.

Aux matines des grandes fêtes, les psaumes sont spécialement choisis. Par contre, les psaumes de laudes sont les mêmes pour toutes les fêtes et tous les dimanches. C'est que si les matines sont la méditation, le drame de prière de la fête, les laudes sont la prière du matin. Les psaumes sont des cantiques de louange qui n'ont aucun rapport particulier avec la fête; ils ne servent qu'à la pensée de l'heure. Le rôle des antiennes est de rappeler sans cesse, à celui qui prie, les pensées de la fête. Au reste, aux laudes, les antiennes ont une tout autre importance qu'aux matines. Aux matines, elles sont la clef du psaume; ce que le psaume doit signifier pour nous dans cette fête nous est indiqué par l'antienne. Aux laudes, par contre, les antiennes, en règle générale, n'ont aucun rapport avec le psaume qu'elles encadrent. Aux matines, les antiennes sont des bouquets de fleurs qui couronnent les psaumes; aux laudes, elles ont pour tâche d'unir la pensée de la fête à la pensée de l'heure. Il en résulte une merveilleuse mosaïque; nous célébrons joyeusement notre résurrection spirituelle; la nature célèbre avec nous sa résurrection. A cette joie de la résurrection, nous joignons, après chaque psaume, la joie de la fête du jour. Aux laudes de Pâques, cette union des pensées de la fête et des pensées de l'heure sera d'autant plus facile que c'est toujours la même pensée de résurrection.

Les antiennes de laudes sont, aujourd'hui, le récit dramatique des premiers événements de la Résurrection, qui eurent lieu à l'heure des laudes. Elles constituent donc l'action. Les psaumes sont comme le choeur de l'Église et de la Création qui chantent leurs impressions. C'est un peu comme les répons entre les leçons. Les laudes de Pâques sont donc le chant de louange de toute la Création en l'honneur de la Résurrection et, en même temps, sa prière du matin.

La messe de Pâques (Resurrexi)

La grand'messe de Pâques est le point culminant de l'allégresse pascale. Tous les événements que nous avons vu se dérouler, toutes les paroles que nous avons entendues pendant le saint triduum doivent être maintenant une réalité mystérieuse et présente : Le Christ, notre Agneau pascal, est immolé. La messe présente une grande unité de pensées et le même thème revient sans cesse. Le leitmotiv est cette parole de saint Paul que nous venons de citer : Le Christ, notre Agneau pascal, est immolé (Ep. Grad. Seq. Comm.). L'église de station est Sainte-Marie-Majeure. Dans notre joie pascale, nous nous rendons, tout d'abord, auprès de la Mère de Dieu. A l'IntroÏt, le Ressuscité se tient déjà devant nous et nous adresse lui-même la parole : "Resurrexi : je suis ressuscité. " C'est le chant du Christ à son entrée dans le monde, sa prière du matin au jour de la Résurrection. Quelles sont ses premières pensées ? L'abandon complet à son Père, l'union la plus étroite avec lui. Mais, aujourd'hui, il n'est plus seul; en tant que chef de l'humanité rachetée, il offre à son Père tous les membres de son corps mystique. Le Gloria est aujourd'hui le cantique pascal au sens propre. Nous célébrons l' " Agneau qui enlève les péchés du monde ". L'oraison exprime les pensées de la fête en deux images opposées : le vainqueur du Golgotha a triomphé de la mort et a ouvert les portes du paradis; c'est pourquoi nous demandons la victoire sur le péché et la mort en nous, et l'accès au paradis (grâce et gloire). Dans l'Épître, saint Paul nous présente la fête de la Pâque de l'Ancien Testament comme la figure de notre fête pascale. Le Christ, notre Agneau pascal, est immolé et prêt à être mangé. C'est pourquoi les chrétiens doivent rejeter pour toujours le levain du péché. Au Graduel, nous chantons - " C'est le jour que le Seigneur a fait, réjouissons-nous et tressaillons d'allégresse en lui. " Ce chant est répété à toutes les Heures, pendant la semaine de Pâques. Ce chant veut dire : le langage humain est trop pauvre pour célébrer la grande fête de Pâques; c'est pourquoi nous nous contentons de dire, en ces quelques mots, notre gratitude et nos louanges. L'Alleluia est très impressionnant. On y entend le leitmotiv de la messe qui est développé par la séquence qui suit. La séquence n'a été introduite dans la messe que depuis le Moyen Age. Elle est ce qu'elle doit être, une paraphrase du verset de l'Alleluia. C'est un dialogue entre L'Église et Madeleine. Elle a donné naissance aux " mystères " de Pâques, si aimés jadis. A l'Évangile, le disciple de Pierre a l'honneur de nous annoncer le message pascal. Dans le drame sacré, nous tenons la place des saintes femmes qui viennent au tombeau " quand le soleil est déjà levé ", nous entendons de la bouche de l'ange (représenté par le diacre) la joyeuse nouvelle, et dans le sacrifice eucharistique, que nous célébrons en union avec la Mère de Dieu, nous verrons le Ressuscité lui-même. A l'offrande nous nous rendons avec les saintes femmes, des aromates dans les mains, au tombeau du Christ; le tremblement de terre (Off.) nous annonce la Résurrection. La liturgie nous peint ce tremblement de terre d'une manière concise et énergique " Terra tremuit. : La terre trembla et se tut. " Dans le saint sacrifice, l'Agneau est immolé et prêt à être mangé (Comm.).

L'Évangile de Pâques

Cette semaine, l'Église ne nous offre pas de lecture d'Écriture proprement dite. L'ami de la liturgie s'efforcera, pendant cette semaine, d'approfondir l' " Évangile des 40 jours ", c'est-à-dire les événements qui concernent la Résurrection du Seigneur. Il n'est pas facile de ramener les récits des quatre évangélistes, surtout ceux qui ont trait aux apparitions, à une concordance chronologique parfaite. Nous allons, dans l'exposé chronologique suivant, nous en tenir à l'opinion de la majorité des commentateurs.

La Résurrection elle-même n'eut aucun témoin mortel. Elle eut, sans doute, lieu de très bonne heure. Pour attester extérieurement le fait de la Résurrection, un ange roula la pierre qui fermait le tombeau; les gardes s'enfuirent. - Puis, les saintes femmes, avec Madeleine, viennent au tombeau et le trouvent vide. Madeleine, la plus décidée de toutes, retourne en hâte avertir Pierre et Jean. Pendant ce temps, les autres saintes femmes voient l'ange qui les envoie vers les disciples; mais elles se cachent. Puis, Jean, Pierre et Madeleine viennent au tombeau en courant (jean XX, i sq.). Ils trouvent le tombeau vide, mais découvrent des signes de la Résurrection (les linges pliés). Les disciples s'en vont, mais Madeleine demeure et est favorisée de la première apparition du Ressuscité. Pendant que les autres saintes femmes s'en retournent, jésus se montre à elles (Math. XXIII, 8; seconde apparition); dans le cours de la journée, Jésus apparaît à Pierre qui, plus que les autres, avait besoin de consolation (troisième apparition). Dans l'après midi, a lieu l'apparition aux disciples d'Emmaüs qui est racontée tout au long (quatrième apparition; Luc XXIV; 13 sq.).

Ce récit est un des plus touchants de l'Écriture. Le soir, le Ressuscité apparaît à dix Apôtres et à beaucoup d'autres disciples dans la s'aile du Cénacle (Luc,XXIV, 36 sq; Jean XXI, 19 cinquième apparition). Huit jours après, a lieu une nouvelle apparition aux disciples, en présence de Thomas (sixième apparition). Les disciples s'en vont alors en Galilée où le Seigneur apparaît à sept d'entre eux, sur les bords du lac de Génésareth, pendant une pêche; Pierre est institué pasteur suprême (Jean, XXI, septième apparition). Enfin, le Seigneur donne rendez-vous à tous ses disciples (saint Paul parle de 5oo) sur une montagne en Galilée; il leur apparaît et leur donne l'ordre de mission (huitième apparition). La dernière apparition eut lieu au moment de l'Ascension. Nous ne savons pas si le Seigneur apparut d'autres fois à tous ses disciples ou à quelques-uns d'entre eux. Saint Paul signale encore une apparition à Jacques le Mineur. La plupart des commentateurs admettent que le Seigneur apparut tout d'abord à sa sainte Mère. L'Écriture n'en dit rien, mais le sentiment naturel semble l'exiger. - Il serait à désirer que les pasteurs profitent du temps pascal pour faire aux associations liturgiques quelques instructions sur ces événements. Ce serait non seulement instructif, mais édifiant. Ceux qui n'appartiennent à aucune association pourront se livrer à cette étude en leur particulier (peut-être en union avec une cérémonie pascale). L'" Évangile des quarante jours " est riche en consolations.



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